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FOcom Poste 06

«La Caisse des Dépôts devrait investir dans La Poste au deuxième semestre 2010»

14 Novembre 2009, 10:44am

Publié par FOcom Poste 06

Le directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations(CDC), Augustin de Romanet, s'exprime pour la première fois sur l'investissement prévu de 1,5 milliard d'euros dans La Poste. «Il faudra analyser en détail quelle pourrait être l'utilisation de l'augmentation de capital envisagée», assure-t-il

La Caisse des Dépôts est censée investir 1,5 milliard d'euros dans La Poste. Ce chiffre est-il gravé dans le marbre?

Il faudra analyser en détail quelle pourrait être l'utilisation de l'augmentation de capital envisagée, et on ne peut pas dire que ce soit gravé dans le marbre, même si les ordres de grandeur que vous citez sont exacts.

Quelle part du capital allez-vous prendre?

Je ne peux pas répondre à cette question tant que je n'aurai pas pu analyser avec le président de La Poste les plans d'affaires de ce groupe. Les discussions débutent ces jours-ci, le débat au Parlement se poursuit et, de toute façon, je ne crois pas que La Poste ait besoin de capitaux frais avant quelques mois. Nous ne sommes pas pris par le temps pour une opération dont la première étape devrait se réaliser au deuxième semestre 2010.

Quel est, pour la CDC, l'intérêt d'investir dans La Poste?

Lorsque nous en avons parlé début 2008 avec Jean-Paul Bailly, j'ai estimé qu'il était du domaine de l'intérêt général que la Caisse des Dépôts aide La Poste dans sa modernisation en raison de la proximité de culture entre nos deux maisons. Nous retrouvons dans les deux cas un fort enracinement territorial, une implication dans l'aménagement du territoire, la présence dans les quartiers sensibles, et des services financiers de proximité et de confiance.

On a parfois l'impression que vous auriez préféré investir directement dans La Banque Postale plutôt que dans le groupe?

Absolument pas. Le groupe La Poste mérite d'être traité dans son ensemble, et si la banque a le potentiel qu'on lui reconnaît, c'est grâce à un réseau qui a été construit sur celui de la distribution du courrier. Donc ce n'est pas dans mon intention de vouloir marquer une frontière étanche entre les deux missions.

Source  Les Echos

 

Jusqu’à présent, chacun pouvait penser que le cirque de l’ouverture du capital de La Poste était destiné à la financer rapidement; après cet article et si ouverture de capital il y a, il faudra voir si cet argument était valable en comparant l'argent levé par cette formule et les nouveaux investissements effectivement réalisés.

La surveillance attentive qui sera exercée par les actionnaires dont la CDC (qui semble avoir l’intention de choisir ses investissements)  sur la direction de La Poste aura -t- elle pour but de contraindre celle-ci à plus d'efficacité. Dans ce cas, cela veut dire que cette direction était inefficace; c'est, hélas, bien possible, mais il est alors amusant que ce soit le principal dirigeant de La Poste qui juge nécessaire une ouverture de capital pour que les actionnaires surveillent son action, et tout autant d'entendre un ministre le soutenir, ce qui revient à avouer que lui-même est incapable d'assurer cette surveillance ou de nommer des gens compétents pour le faire.

La Poste étant une entreprise de main-d’œuvre la logique voudra qu’elle diminue ses coûts de ce côté là. La Poste n'a pas attendu une ouverture de capital pour cela et repose déjà sur beaucoup d'emplois d'intérimaires et autres contrats plus ou moins précaires, ou du moins de droit privé. Par ailleurs, si la diminution des coûts ne vient que de la réduction des salaires, il ne s'agit pas vraiment d'un gain d'efficacité mais d'une redistribution de la richesse des salariés de La Poste vers l'Etat et les nouveaux actionnaires.

Autre point particulièrement intéressant, les chefs d'entreprise sont souvent tentés par la "construction d'empires" (qu'on pense à Jean-Marie Messier), la poursuite de la croissance en taille de leur firme au détriment de sa rentabilité économique et financière. Au vu de la taille d'une entreprise comme La Poste, on peut craindre en effet que son patron ne soit tenté d'étendre géographiquement ses activités et de les diversifier sans que cela soit économiquement justifié, mais simplement pour satisfaire son ego, ou devenir "indéboulonnable", le groupe étant devenu extrêmement complexe à gérer (et à surveiller).

Ce cas ne se présentera pas si La Poste reste une EPIC et se finance par dette : peu importe alors aux investisseurs que les perspectives de profit soient faibles ou élevées, du moment qu'elles sont suffisantes pour que la dette soit remboursée, ou que l'Etat s'en porte garant.
Pour terminer, pensez vous que le financement par actions est réellement moins coûteux que le financement par dette?

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